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Historique

La Faculté De Médecine et de Pharmacie d’Alger est l’une des plus anciennes faculté de médecine du continent africain. En effet elle est l’héritière de l’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie d’Alger créée par le décret du 4 août 1857.

Les enseignants se partageaient alors un local situé au 4 de la rue René Caillé (ruelle perpendiculaire à la rue Bab Azoun). Les 1ers cours officiels seront inaugurés le 18 janvier 1859 à l’hôpital Mustapha. Le personnel de l'école se composait alors de huit professeurs titulaires, de quatre suppléants, d'un chef de travaux anatomiques, d'un prosecteur et d'un préparateur. En ce qui concernait les sessions d'examens, l'école était placée dans la circonscription de la Faculté de médecine et de l'École supérieure de pharmacie de Montpellier. Les diplômes que l'école était autorisée à délivrer étaient ceux " d'officiers de santé, pharmaciens et sages-femmes de 2èmeclasse ".
Les étudiants autochtones musulmans ayant reçu l'enseignement du degré supérieur dans les écoles franco-arabes étaient admis à l'école sur la production d'un certificat d'études visé par l'autorité administrative et sur l'attestation donnée après examen par le directeur du collège impérial arabo-français.
Celle-ci connut une évolution qui aboutit à sa transformation en Ecole Supérieure de Médecine et de Pharmacie (en application de la Loi du 20 décembre 1879), toujours sous les auspices de la Faculté de Médecine de Montpellier, qui délivrait les diplômes.
Le premier directeur de l’école de médecine est le docteur Bertherand (1858-1862) qui sera remplacé par l’anatomiste Patin (1863-1868) qui dirigea le laboratoire d’anatomie de 1859 à 1868, puis par le docteur Trollier (1868-1870).
D'année en année le nombre d'étudiants augmentait et la première étudiante en médecine fût Melle Rengguer en 1865. Pour ce qui est des étudiantes musulmanes, ce n’est que 75 ans plus tard qu’on verra la première étudiante en médecine musulmane qui n’est autre que Aldjia Noureddine future Mme Benallègue, professeur de pédiatrie.
Le docteur Texier prendra, en 1870 la direction de l’école jusqu’en 1895. Lors de la rentrée de novembre 1878, il présentera le bilan de la formation de l’école de médecine des 3 dernières années :

  • 85 docteurs en médecine reçus dont 22 installés en Algérie,
  • 218 praticiens de 2ème classe dont 95 pharmaciens,
  • 71 sages-femmes,
  • 46 officiers de santé,
  • 3 herboristes.

Le décret du 10 janvier 1880, complété par celui du 5 juin 1880, fixera à douze le nombre des chaires et à six le nombre des suppléants de l'école de médecine. Le décret du 24 décembre 1881 réglementa la situation des professeurs et des agrégés. Aux termes de ce décret, les agrégés inscrits à l'âge de 30 ans, prenaient rang d'ancienneté sur la liste de classement des professeurs de faculté et étaient soumis aux mêmes règles d'avancement que les professeurs de métropole.
Le local de la rue Renée Caillé ne suffisant plus, de nouvelles classes sont logées au 3 rue Scipion dans une vieille maison mauresque, puis se dispersent sur différents sites plus éloignés, en ville, au fur et à mesure de la création de nouveaux services au point qu'il apparut peu à peu indispensable de regrouper tous ces éléments dans un lieu unique définitif. C’est ainsi que fut construite la « fac centrale » telle que nous la connaissons tous, fac qui fut inaugurée le 3 novembre 1887 par le gouverneur d'Algérie.

Le professeur Bruch, chirurgien et ophtalmologiste, dirigera l’école de médecine pendant trois mandats consécutifs (1895-1904) avant de céder le poste à un autre chirurgien, le professeur Curtillet (1904-1909) qui assistera à l’élévation de cette école au rang de faculté. Il sera d’ailleurs également le premier doyen de 1910 à 1922.
Durant l’année universitaire 1886-1887, on comptait 278 inscriptions pour le grade de médecin, 18 pour le grade de pharmacien de 1ère classe et 108 pour le grade de pharmacien de 2ème classe. Parmi les étudiants musulmans de cette période, il y a lieu de mentionner le nom de Benlarbey Mohamed Seghir (1850-1939), un des premiers algériens, qui entama ses études à Alger avant de partir à Paris où il soutient sa thèse en 1884.
En 1895, sur un nombre total d’étudiants de 588 pour les 4 écoles supérieures, le nombre d’étudiants inscrits en Médecine et Pharmacie était de 177 (30 %). Il faut rappeler qu’à cette époque les écoles supérieures d’Alger ne pouvaient délivrer ni diplôme de doctorat ni de licence.
La loi du 30 décembre 1909 votée allait permettre d’ériger les 4 écoles de Médecine et Pharmacie, Droit, Sciences et Lettres en Université et permettre également à la Faculté de Médecine et de Pharmacie d’Alger ainsi créée d’acquérir son autonomie par rapport à la faculté de médecine de Montpellier pour la délivrance des diplômes. Cette année-là (1909), on comptait 100 étudiants inscrits en médecine, 16 en pharmacie et 23 pour les études de sage-femme.
Après cette loi de 1909, le décret du 4 janvier 1910 organise l'enseignement. La nouvelle faculté mixte de médecine et de pharmacie d'Alger disposait de seize chaires magistrales.
Après la 1ère guerre mondiale qui a creusé de larges trous dans les effectifs d'étudiants et de professeurs, les algériens autochtones, conscients des injustices et misères qu’ils subissaient, eurent le désir d’apprendre dans les écoles françaises.
Effectivement on commence à retrouver les premiers étudiants musulmans à la faculté de médecine d’Alger, mais en très petit nombre (1919-1920 ): 15 musulmans pour 344 européens ; 1920-1921 : 10 musulmans pour 310 européens) et depuis la fondation des écoles supérieures d’Alger (1879) et jusqu’au début de la première guerre mondiale, on ne dénombre que cinq (05) diplômés musulmans sortis de la faculté de médecine d’Alger (deux doctorat en médecine, deux diplômes de sage-femme de 1ère classe et un diplôme de sage-femme de 2ème classe, auxquels il faut ajouter 12 officiers de santé, titre qui sera supprimé en 1893).
Ce chiffre extrêmement faible était en rapport d’une part avec la suppression du titre d’officier de santé, la durée des études médicales, assez longue et la nécessité jusqu’en 1909 d’un séjour dans une faculté en France pour terminer ses études mais également et surtout en rapport avec la volonté des autorités françaises qui voulaient former des « élites intermédiaires » ne devant s’occuper que de la population musulmane. D’ailleurs avant l’érection de l’université d’Alger en 1909, les étudiants musulmans pouvaient s’inscrire aux quatre écoles supérieures sans le baccalauréat, limitant ainsi le choix des débouchés professionnels aux seules qualités d’officier de santé et sage-femme (l’école de sages-femmes quittera la faculté de médecine et passera à la santé publique au cours de l’année 1943-1944).
Après le professeur Curtillet, les autres doyens qui se succèderont à la tête de la faculté sont : Herail (1922-1927) ; Ardin Delteil (1927-1929), Leblanc (1929-1939), Gillot (1940), Lebon (1941-1943), Musso (1943-1945), Laffont (1945-1949) et enfin le professeur chef de service de Pédiatrie de l’hôpital Mustapha Sarrouy (1949-juin 1962).
En 1930, le nombre de chaires s'élevait à vingt ; en 1956-1957 à trente-deux et, cette année, trois chaires magistrales nouvelles ont été créées : anatomie chirurgicale, pharmacie galénique et odontostomatologie. Outre les professeurs, on comptait à la faculté : 14 chefs de travaux ; 30 assistants ; 20 chefs de clinique ; 17 chefs de laboratoire ; 32 préparateurs de cours et moniteurs ; 4 aides d'anatomie ; 2 prosecteurs d'anatomie.
Le nombre d’étudiants à la rentrée de 1929-1930 était de 549 : 303 étudiants en médecine, 222 étudiants en pharmacie, 24 sages-femmes.

 Des instituts sont créés et prendrons rapidement de l’ampleur :

  • Institut d'hygiène et de médecine d'Outre-mer ;
  • Institut de psychotechnique et de biométrie ;
  • Institut du trachome et d'ophtalmologie tropicale ;
  • Institut d'éducation physique ;
  • Institut d'odontostomatologie.

  Dans les années 30, Les grands maîtres de la faculté sont les Professeurs Costantini en chirurgien (qui organisa en 1951 à Alger le premier Congrès Mondial du Kyste Hydatique qui connaîtra un grand retentissement international), Robert Courrier en histologie embryologie, Emile Leblanc (l’actuel amphi. Belhocine, situé à l’intérieur du laboratoire d’anatomie, porta pendant des décennies le nom d’amphi Leblanc) et René Marcel de Ribet (1894-1967) grande figure de l’Anatomie.
Son œuvre, comme le rappelait son successeur le professeur Slimane Chitour peut se diviser en quatre étapes : sa thèse consacrée au périnée ; la fameuse polémique où il niait l'existence du trou de Magendie (1952-1954) ; l’important travail sur l'anatomie et la vascularisation du thymus et enfin l’important traité schématique sur le système nerveux connu mondialement. Il développera par ailleurs l'anatomie comparée et la médecine opératoire.
Les études médicales vont prendre de plus en plus d’importance auprès des étudiants musulmans (Hamza Klioua le futur chef de service de rhumatologie s’inscrit en 1939 à la faculté de médecine d’Alger ; Lakhdar Abdeslam Benbadis s’inscrit en 1941 avant de rejoindre Paris en 1945 pour terminer ses études et faire une spécialité en ophtalmologie; Tedjini Haddam s’inscrit en 1943 avant de rejoindre, en 1947, l’hôpital franco musulman de Bobigny) et à partir de la 2ème guerre mondiale c’est la faculté de médecine qui possède l’effectif estudiantin le plus important et qui verra les premières étudiantes musulmanes, d’abord Aldjia Noureddine reçue au concours de l'internat des hôpitaux d'Alger en novembre 1942 et élue peu après présidente de l’association des internes et anciens internes des hôpitaux d’Alger puis dans les années 50 une dizaine d’autres parmi lesquelles Meriem Belloucif (madame Larbaoui), Nefissa Hamoud (madame le professeur Laliam) puis Marie Moatti et Janine Belkhodja (futures professeurs de gynéco-obstétrique), Louisa Ait Khaled (madame Issad), Baya Roumane, Rose Ait Kaci (madame Ait Ouyahia), Sadia Benhabyles, Suzanne Larribère (madame le professeur Benabdellah) et en pharmacie Malika Mefti (madame Khène).

Prs. Oucharef, Klioua, Benbadis et Benallègue

 

Sur le plan du contexte mondial, le peuple algérien assiste le 8 novembre 1942 au débarquement anglo-américain à Alger qui devient capitale de la France en guerre. Alger verra un afflux d'étudiants métropolitains chassés par la guerre vers les facs d’Alger et après ce débarquement, c’est à partir d’Alger que les troupes alliées et du corps expéditionnaire d’Italie, sont approvisionnées en médicaments après la mise au point de nouveaux procédés de fabrication grâce au contact avec les américains. Et comme lors de la première guerre mondiale, plus de 132 000 algériens autochtones vont combattre dans ces armées alliées et 13 500 vont périr.
Après la mise aux arrêts de Messali El Hadj le 19 avril 1945 puis son transfert à Brazzaville, des manifestations ont lieu le 1er mai à Alger puis s’étendent à toutes les villes du pays et en particulier à partir du 8 novembre (jour de l’armistice) à Sétif et Guelma. La répression qui s’en suivi fera 45.000 morts et des centaines de blessés. A cette époque déjà les étudiants en médecine maghrébins étaient concernés par la lutte pour la liberté.
Aldjia Noureddine, alors présidente de l’association des internes d’Alger, en collaboration avec les autres étudiants maghrébins poursuivant leurs études à la faculté de médecine d’Alger, décidèrent d’envoyer deux ambulances pour porter secours aux blessés. Les "Facultés" étaient alors au centre d'une ville, qui avait véritablement explosé et qui comptait 800000 habitants. On a même creusé un tunnel, le "Trou des Facs" pour relier la rue Berthezène (actuelle rue Docteur Saâdane) au boulevard St Saens (actuel Boulevard Mohamed V). Parmi les réalisations de la faculté de médecine d’Alger, on peut citer en particulier la généralisation de l’anesthésie en circuit fermé à une époque où en France on utilisait encore le masque d’Ombrédane.
L'invention de la voie d'injection sous-clavière (Aubaniac), le remarquable développement de la chirurgie thoracique lié à la généralisation de l'anesthésie par intubation (Costantini, Liaras et son élève Houel). L’invention du Scialytique par Vérain, professeur de physique, scialytique qui fut installé pour la première fois à la clinique chirurgicale universitaire. Benhamou développera la transfusion sanguine, et mettra en place l'un des premiers centres de dessiccation du plasma permettant de fournir les armées alliées en 1942-1944. La présence même des Américains allait ouvrir cette faculté, avant celle d'Europe, aux nouvelles tendances de la chirurgie. Le centre de cette activité clinique était le grand hôpital de Mustapha, auquel se surajoutaient d'autres hôpitaux universitaires entourant Alger : l’hôpital neurologique Barbier Hugo (actuel EHS Ait Idir), l’hôpital des maladies infectieuses El Kettar, l’hôpital pneumologique Birtraria et l’hôpital Parnet. En 1958 deux nouvelles facultés de médecine étaient créées, à Oran et à Constantine.
Dans les années 50-60, les grands noms de la faculté ont pour nom : Goinard qui dirigeait alors le service de chirurgie Bichat, René Bourgeon pionnier des nouvelles techniques chirurgicales comme l'anastomose porto-cave, et un des premiers chirurgiens dans le monde à réaliser une hépatectomie réglée qui dirigea le pavillon Lisfranc à l’hôpital Mustapha ainsi que la Chaire d'Anatomie et de Chirurgie Expérimentale à la faculté ; Le Professeur Félix Lagrot, élève de Henri Duboucher et inventeur du rasoir qui porte son nom qui gérera un service de chirurgie infantile à l’hôpital Parnet, de 1956 à 1958 avant de prendre la chaire de chirurgie infantile et créera la chirurgie plastique et la chirurgie des brûlés en Algérie bien avant qu’elle ne se développe en France.
C’est ce chirurgien qui utilisera pour la première fois la pénicilline en France en 1944 après le débarquement des alliés en Normandie.
Durant l’année 1947-1948 la faculté de médecine a rassemblé 1584 étudiants (92 musulmans) sur un total de 4500 (263 musulmans) pour toute l’université d’Alger. Selon le sexe, on trouve 423 étudiantes pour 1161 étudiants. A la rentrée de 1957-1958 on comptait 976 étudiants : 639 étudiants en médecine, 91 étudiants en chirurgie dentaire, 246 étudiants en pharmacie.
En 1950 la Faculté de Médecine et de Pharmacie d’Alger va se renforcer par la création l'Institut d'Odontostomatologie (arrêté du 27 juillet 1950). L'enseignement était réalisé par des chirurgiens dentistes à mi-temps et des prothésistes. Les matières fondamentales et médicales étant enseignées par la faculté de médecine. Cet institut formait des chirurgiens dentistes à orientation vers le secteur privé. La durée de l'enseignement était de 5 ans.
En 1956 a été créée la bibliothèque de la faculté mixte de médecine et de pharmacie d'Alger (actuelle bibliothèque de l’internat, plus connue sous les initiales de BI par opposition à son aînée la BU).
En 1959, la faculté de médecine d’Alger comptait trente-cinq chaires et était habilitée à délivrer les certificats d'études spéciales suivants :

  • Etudes spéciales de pédiatrie et de puériculture
  • Etudes spéciales d'anesthésiologie
  • Etudes spéciales de médecine du travail
  • Etudes spéciales de médecine légale
  • Etudes spéciales de médecine aéronautique
  • Etudes spéciales d'électro-cardiologie
  • Etudes spéciales de neuropsychiatrie
  • Etudes spéciales d'oto-rhino-laryngologie
  • Etudes spéciales d'ophtalmologie
  • Etudes spéciales de pneumo-phtisiologie
  • Etudes spéciales d'obstétrique et de gynécologie médicale
  • Etudes spéciales de stomatologie
  • Hygiène et action sanitaire et sociale.

En 1954, après une longue période de lutte politique, le mouvement nationaliste algérien décide de passer à la lutte armée. Le 19 Mai 1956, l'UGEMA fondée en juillet 1955, héritière de l’Association des Etudiants Musulmans Nord Africains (AEMAN créée à Alger en 1919 et où on retrouvait déjà dans le premier bureau trois étudiants en médecine : Benthami Djillali en qualité de secrétaire général qui sera chirurgien à Miliana, Mansouri Abdellah qui sera radiologue à Tlemcen et père du professeur El Hadi Mansouri, ainsi que Alioua Madani. Cette AEMAN sera également présidée en 1945 par le docteur Messaoud Bendib, futur premier professeur de Radiologie de l’Algérie indépendante), lançait son fameux appel à la grève aux étudiants algériens de l'Université « Avec un diplôme en plus, nous ne ferons pas de meilleurs cadavres ! A quoi donc serviraient ils ces diplômes qu'on continue à nous offrir pendant que nos mères, nos épouses nos sœurs sont violées, pendant que nos enfants, nos vieillards tombent sous les mitrailles, les bombes de napalm ?... Il faut déserter les bancs de l'Université pour le Maquis ! ».Répondant à l'appel, les étudiants quitteront l'Université après avoir tant lutter pour y accéder comme le montre ce tableau qui recense les étudiants musulmans algériens inscrit à cette Université de 1915 à 1962 (A partir de 1958-59, les chiffres comprennent les étudiants inscrit dans les nouveaux centres universitaires d'Oran et Constantine) : On constate bien la cassure dans l’effectif à la rentrée universitaire 1956-1957, tant pour les étudiants en médecine que pour ceux des trois autres facultés. Cette grève qui dura jusqu’à la rentrée de 1958 fut également suivie en France.

La grève fut levée par le comité directeur de l’UGEMA réuni en septembre 1957 à Paris, permettant la reprise des cours et des examens à partir de la rentrée 1957-1958 et ce malgré l’arrestation en novembre 1957 à Montpellier du secrétaire général de l’UGEMA Mohamed Khemisti (étudiant en médecine et futur ministre des Affaires Etrangères de l’Algérie indépendante) et de l’ensemble de ses responsables après sa dissolution en janvier 1958 par les autorités françaises. Si à la reprise des cours le nombre d’étudiants à Alger fut plus élevé qu’avant la grève, c’est quand même en France que s’inscrivit le plus grand nombre d’étudiants aussi bien les nouveaux inscrits que ceux qui ont débuté leurs études à Alger, du fait de l’attitude hostile voire raciste tant des étudiants français que des professeurs algérois vis à vis des étudiants musulmans (durant l’année 1959-1960 on comptait 100 étudiants musulmans à la faculté de médecine d’Alger contre 365 inscrits dans les facultés de médecine de la métropole).
Certains étudiants rejoindront l’ALN et les organisations clandestines. Parmi eux on peut citer Atsamena qui sera médecin chef de la wilaya I, Lamine Khène qui sera chef du service de la santé dans la wilaya II ou Youcef Khatib dit Si Hassan qui sera membre du conseil de la wilaya IV puis colonel, Abdelkader Boukhroufa qui rejoint la wilaya 3 ou il est nommé responsable sanitaire de la zone III, Abdelhalim Medjaoui qui prendra le maquis, connaîtra la torture dans les geôles françaises et ne reprendra ses études à Bruxelles qu’après sa libération en 1961 et bien d’autres que nous retrouverons dans le chapitre "la pratique de la médecine au maquis".
En 1959 de nombreuses cérémonies célèbrent à la fois le cinquantenaire des Facultés et le centenaire de l’Ecole de Médecine d’Alger. Une exposition publique de travaux scientifiques se tiendra Salle Gsell, pendant une semaine, pour illustrer l'évènement. Peu après les Facultés entrent dans l'Histoire avec "les Barricades" et surtout début juin 1962 avec l’incendie par l’OAS de la Bibliothèque Universitaire (BU) : des milliers d'ouvrages accumulés pendant plus d'un siècle partaient en fumée.
Cette bibliothèque héritière de la première bibliothèque médicale ouverte à l’hôpital du Dey en 1835 grâce à un legs de près de 800 ouvrages du chirurgien – chef de l’hôpital, le docteur Chevreau occupera à partir de 1857 une petite salle dans la première école de médecine de la rue René Caillé. Lorsque les écoles de Droit, de Lettres et de Sciences furent créées, le fond de cette bibliothèque strictement médicale fut versé au commun des quatre écoles et son siège fut transféré dans un local à la rue Malakoff (1880-1884) puis à la rue Henri Martin de 1884 à 1888 (actuelle rue Patrice Lumumba). A partir de 1888, elle s’installa définitivement dans les locaux actuels où se produisit le 7 juin 1962 ce crime, œuvre des tenants de l’Algérie française qui ne « voulant rien laisser intact de ce que leurs parents ont édifiés » ont appliqué la « Politique de la terre brûlée ».

A l’indépendance, le corps médical, paramédical et administratif en majorité constitué de pieds noirs quitta l’Algérie ce qui posa un problème énorme au petit nombre de médecins algériens chargés de remettre en marche la faculté de médecine d’Alger, l’une des meilleures de l’époque. Il fallait faire redémarrer très rapidement les structures hospitalières de l’hôpital Mustapha et organiser au plus vite la reprise des cours de médecine.
Si le redémarrage de l’activité hospitalière à l’hôpital Mustapha pouvait se faire, la difficulté majeure se situait au niveau de l’activité universitaire.
Au mois d’août 1962, à la réouverture de l’hôpital Mustapha on trouvait, en chirurgie, les docteurs Mansouri, Martini, BendaliAmor, Seddik en qualité de chirurgiens ; les docteurs Benabadji, Benhabyles, Bouayad, Bekkat et Djillali en qualité de chirurgiens adjoints ainsi que d’autres envoyés par des pays arabes (missions médicales syrienne et égyptienne). Une mission médicale américaine activait à l’hôpital Béni Messous et une mission médicale irakienne était à l’hôpital Parnet. Les seuls médecins français qui étaient restés après l’été 1962 étaient : Jahier professeur de gynéco-obstétrique ainsi que Bonafos et Gautray.
Dans les autres spécialités, Peret Bory, Destaing, Messerschmidt et son assistant Colonna en hématologie, Boyer, Margaillan et Marucchi en ophtalmologie. En chirurgie on retrouvait le professeur Pegullo et les assistants Plane, Stoppa,Tordjmann(ancien assistant de Lagrot) et l’ancien chirurgien de Chlef Kamoun qui partira dès la rentrée universitaire, rentrée qui verra quand même le retour d’autres médecins universitaires tel que : Seror et Roche (qui s’étaient réfugiés au Cambodge pendant la période OAS), Ferrand (agrégé de Goinard qui prendra donc la chefferie du service de chirurgie générale à Bichat et où il consacra l’essentiel de son activité à la chirurgie de l’appareil locomoteur faisant de ce service le premier service de chirurgie orthopédique en Algérie), Lebon (qui reprendra sa place à la clinique médicale orientée vers la gastro-entérologie), Levi Valensi(en pneumo-phtisiologie),Mussini-Montpellier (qui dirigera le service d’anatomie pathologique). C’est avec ce noyau et d’autres médecins d’autres spécialités (essentiellement cliniques) aussi bien algériens qu’étrangers que se fera la reprise des études médicales à la faculté de médecine d’Alger sous la conduite pendant les premiers mois du doyen Bréhant directeur et chef de service de chirurgie au CPMC, structure qui dépendait encore de la France.
L’absence d’enseignants de rang magistral dans les spécialités fondamentales alors que le plus grand nombre d’étudiants était des premières et deuxièmes années de médecine va obliger le gouvernement algérien à demander à l’état français l’ouverture de postes d’agrégés pour l’Algérie à titre étranger ou dans le cadre de la coopération (protocole du 28 août 1962 relatif à la situation des personnels universitaires français relevant d'une faculté ou école de médecine qui exercent conjointement en Algérie des fonctions universitaires et des fonctions hospitalières et avenant à ce protocole relatif à la situation : 1° des médecins français servant en Algérie dans les services administratifs du ministère de la Santé publique et de la population ; 2° des pharmaciens français servant en Algérie au titre de la coopération technique).
Il faut signaler qu’en 1962, parmi le corps médical algérien, le seul agrégé était le professeur Aouchiche, spécialiste en ophtalmologie (il sera nommé chef de service à la clinique ophtalmologique de Mustapha puis doyen de la faculté de Médecine d’Alger). Parmi les autres spécialistes, il y avait très peu d’anciens internes ou de chefs de cliniques. La majorité des spécialistes étaient des CES. Ces médecins spécialistes furent nommés, par nécessité, assistants sans subir d’épreuve préalable, mais comme le signale M. Djennas : « Ce titre portait un pêché originel. En aucun cas, dans une carrière destinée à permettre aux meilleurs d’émerger pour former la future élite médicale, qui aurait la responsabilité historique de fonder la médecine algérienne, le premier titre ouvrant la porte d’accès à cette dernière ne devait être acquis sans ‘’ combat’’. Seuls les concours, quelles qu’aient pu être leurs modalités, étaient à même de permettre aux candidats de se surpasser, d’extraire le meilleur d’eux-mêmes, de connaître également leurs limites et celles, donc, d’une ambition. Seuls les concours devraient consacrer une nomination. Une progression exclusivement administrative laisse toujours un certain relent d’insatisfaction, un sentiment d’usurpation de poste. ».
Le corps des rangs magistraux algérien sera renforcé à partir de 1963 par quatre autres membres. En effet au concours d’agrégation de 1963, en France, furent admis à titre étranger Aldjia Benallègue en pédiatrie (qui dirigera le service de pédiatrie de Mustapha avant d’être affectée à Parnet où elle créera un nouveau service), El Hadi Mansouri en chirurgie générale, Moulay Merioua en Médecine interne, SlimaneTaleb en histologie-embryologie, ce qui renforça quelque peu l’effectif des agrégés de la faculté de médecine d’Alger. Le docteur S. Zemirli, tunisien ayant également passé son concours d’agrégation en urologie en 1962 à Paris, postulera pour le poste ouvert à Alger qu’il rejoindra en janvier 1963.
L’état algérien nommera par décret, professeurs : Ali El Okbi en chirurgie générale, Tedjini Haddam en chirurgie thoracique (après une soutenance de thèse en URSS), Rabah Allouache en médecine Interne, Messaoud Bendib en radiologie, Boussad Khati en pédiatrie, Rachid Bouayad, Mustapha Laliam et Hacène Lazregen ophtalmologie, Nefissa Laliam en gynéco obstétrique.
C’est avec ces enseignants que fonctionnera la faculté de médecine d’Alger aux premières années de l’indépendance. « L’héritage fût des plus lourd à porter. Mais des circonstances historiques exceptionnelles nous ont imposé un défi, que nous nous devions de relever, pour nos malades, pour nos étudiants, pour nous-mêmes, et, enfin et surtout, pour nos martyrs. Je peux dire aujourd’hui, en anticipant, que le pari que nous devions gagner l’a été et largement» (dixit M. Djennas).
Au premier concours d’internat organisé en 1964 on trouvera parmi les heureux reçus les docteurs Abdelkrim Allouache, Kamel Daoud, Boussad Meradji, Mohamed Mehdi, Ali Bouzid, Zoubir Bedrane et Yahia Guidoum (tous futurs chefs de service de chirurgie), Brahimi, Ould Mohamed, Yamina Benkedache (future madame Martini et future grande spécialiste de la chirurgie de la main). Ce premier concours sera suivi par huit autres. Le septième eu lieu en 1970 présidé par madame Benallègue aidée par Michel Martini et Suzane Benabdellah née Laribère, le dernier présidé par Martini aura lieu en 1972.
Au premier noyau des cinq agrégés algériens sur concours, vont s’ajouter les agrégés du premier concours organisé en octobre 1967 en Algérie : Slimane Chitour en Anatomie ; Mohamed Benabadji en Biologie et transfusion sanguine ; Mohamed Cherif Mostefaï, Omar Boudjellab et Mohamed Toumi en Cardiologie ; Michel Martini, Bachir Mentouri et Pierre Roche en Chirurgie Générale ; Mohamed Aboulola en Chirurgie Pédiatrique ; Mohamed Arezki Oucharef en Chirurgie dentaire ; Gana Illoul en Gastro-entérologie ; Pierre Colonna en Hématologie ; Mohamed Abada en Neurochirurgie ; Belgacem Ait Ouyahia en en Gynéco obstétrique ; Messaoud Djennas et Raoul Boyer en Ophtalmologie ; Hacène Abdelouahab en ORL ; Pierre Chaulet et Djillali Larbaoui en Pneumo-phtisiologie ; Hamza Klioua en Rhumatologie ; Zouhir Yagoubi en Médecine Physique et Rééducation, Abdenour Yaker en Anatomie pathologique et Gherib en Pharmacie. Lors de cette agrégation les deux ministères de la santé et de l’enseignement avaient à leur tête des médecins : le professeur Tedjini Haddam à la santé et le docteur Taleb El Ibrahimi à l’enseignement.
En 1970 eu lieu le concours d’assistants du 1er degré en chirurgie générale auquel se présentèrent beaucoup d’internes. Parmi eux nous retrouvons le docteur Farouk Hassan Khodja et Yahia Guidoum futur chef de service d’orthopédie et ministre de la santé puis de la jeunesse et des sports.
Ainsi à partir de la rentrée universitaire 1962-1963 et jusqu’en octobre 1971, les études de médecine duraient, comme en France, sept ans. La première année était désignée par les initiales PCB (Physique, Chimie, Biologie) suivie par deux années de formation extrahospitalière et trois années de clinique. La dernière année était consacrée à des stages dits internés que l’étudiant effectue dans un service de pédiatrie, de médecine et de chirurgie. L’étudiant préparait par ailleurs une thèse de doctorat qu’il soutenait publiquement et qui lui permettait d’obtenir le grade de docteur en médecine. La spécialisation se faisait à travers un enseignement de post-graduation d’une durée de 3-4 ans suivant la spécialité délivrant un certificat de spécialité (CES). Mais pour ce qui est de la carrière hospitalo-universitaire, elle ne pouvait se concevoir hors du chemin sacré qu’était l’internat dont la durée était de 4 ans et auquel on ne pouvait accéder que sur concours. La suite de la carrière hospitalo-universitaire était l’assistanat du 1er degré, la maîtrise d’assistanat, l’agrégation et enfin le professorat.
Pour ce qui est de la chirurgie générale, certains professeurs (dont Mansouri) considéraient qu’elle ne pouvait être enseignée et apprise en dehors de l’internat (durée 4 ans) auquel on ne pouvait accéder que sur concours alors que le CES était obtenu en 3 ans sans concours d’accès. D’autres par contre (dont El Okbi) considéraient que la voie du concours ne permettait de former que très peu de chirurgiens alors que les besoins du pays étaient immenses. On verra ainsi fonctionner en parallèle deux formations chirurgicales l’une par la voie du concours et de l’internat, l’autre par la voie du CES qui en principe devait permettre de pourvoir l’intérieur du pays en chirurgiens. On verra que plusieurs de ces CES vont rester dans les hôpitaux d’Alger et faire une carrière hospitalo-universitaire par la suite, grâce à la réforme de l’enseignement supérieur.
L’année 1971 verra effectivement un grand bouleversement des études médicales avec l’application de la réforme générale des études universitaires initiée par le ministre de l’enseignement de l’époque : Mohamed Sédik Benyahia : Cette réforme réduisit le cursus des études médicales qui passèrent de 7 à 6 ans et supprima le concours d’internat qui était le passage obligé à toute candidature à une carrière hospitalo-universitaire. Le dernier concours d’internat, présidé par le professeur Martini, eu lieu en 1972. Cet internat fut remplacé par le résidanat. La faculté de médecine disparut et fut remplacée par l’Institut National d’Etudes Supérieures en Sciences Médicales (INESSM) constitué lui-même de 3 Instituts (médecine, pharmacie et chirurgie dentaire qu’on appellera ISM). La cheville ouvrière de cette réforme, pour ce qui est de la médecine, sera Mohamed Abdelmoumen (agrégé de physiologie qui a effectué ses études de graduation à Paris et de post-graduation au Canada avant de venir travailler dans le service du professeur Giovanni Piva qui était au laboratoire d’explorations cardio-vasculaire de l’hôpital Mustapha) et Moulay Benmiloud agrégé d’endocrinologie et chef de service au CPMC qui lui aussi avait effectué une partie de ses études de post-graduation aux Etats-Unis. Au nom du ministère de l’enseignement, ces deux enseignants remplacèrent le système français alors en vigueur par le système d’étude américain.
Les études de graduation passèrent à 6 années d’enseignement intégré sous formes de modules correspondant à chacune des grandes spécialités de la médecine. L’évaluation se faisant essentiellement par des épreuves basées sur des QCM (questions à choix multiples) Une sixième année dite de stage interné clôturait le cycle de graduation : l’étudiant effectuait 4 stages de 3 mois dans les spécialités de bases (pédiatrie, gynéco-obstétrique, chirurgie et médecine). Chacun de ces stages était sanctionné par un rapport. Le dépôt des 4 rapports permettait à l’étudiant d’obtenir le grade de docteur en médecine. Pour la post-graduation, on remplaça l’internat par le résidanat dont la durée variait de 3 à 4 ans selon la spécialité. Les médecins intéressés devaient passer un concours d’accès après l’obtention du diplôme de médecine générale. Le résidanat est sanctionné par un Diplôme d’Etudes Médicales Spécialisées (DEMS) qui n’ouvre pas droit à la carrière hospitalo-universitaire. Pour celle-ci après un concours pour la maîtrise d’assistanat, un diplôme de docteur en sciences médicales était créé (DESM).
Il couronnait un travail personnel de recherche effectué pendant au moins 3 ans et conférait au candidat le titre de Docent (actuellement docteur en sciences médicales). Le concours d’agrégation classique est supprimé. Le docent devra concourir sur épreuves de titres et travaux pour le grade de professeur. A partir de 1986 la soutenance de thèse de DESM ne devait plus permettre d’obtenir le grade de docent, grade qu’il fallait acquérir en passant un concours constitué d’une épreuve de titres et travaux mais également d’une épreuve malade et d’une épreuve théorique.
Les professeurs Mansouri, Martini, Aboulola, Khaled, Benmiloud, Rahmouni, Chaulet, Colonna, Illoul, Ait Ouyahia, Benallègue et bien d’autres s’impliqueront dans l’élaboration du nouveau programme des études médicales de graduation. Le professeur Mansouri, en collaboration avec d'autres chirurgiens hospitalo-universitaires dont Martini et Aboulola, vont élaborer le programme du résidanat de chirurgie imposera le principe d'un tronc commun de 2 ans à tous les résidents des quatre spécialités chirurgicales de l’époque (chirurgie générale, orthopédie, chirurgie infantile, urologie). Ce tronc commun de 2 ans est maintenu jusqu'à l'heure actuelle et a même été étendu grâce à un de ses élèves, le professeur Graba aux autres spécialités chirurgicales (chirurgie cardiaque, chirurgie maxillo-faciale, chirurgie thoracique, etc.) malgré des velléités d’autonomie de la part de comités pédagogiques de certaines spécialités chirurgicales.
Cette année 1972 verra également se dérouler le dernier concours d’agrégation selon l’ancien système avec la réussite de douze candidats (10 dans les spécialités cliniques et 2 dans les sciences fondamentales). Parmi les lauréats on peut citer : Mohamed Mehdi, Ghalib Djillali, Fadila Boulahbal, Mahfoud Boucebci, Abdelkader Boukhroufa, Mohamed Oucharef etc.
L'école dentaire prend, à partir de l'année 1971, le nom de Département de Chirurgie Dentaire inclut d'abord au sein de l'Institut des Sciences médicales d'Alger (ISM : décret du 3 septembre 1974) lui même rattaché à l'université d'Alger puis au sein de l'INESSM à partir du mois d'août 1984 La durée du cursus qui était de 5 ans de fut ramenée à 4 ans (décret du 25 août 1971) Cette année voit également l'instauration de la post-graduation (résidanat). Dans une première étape tous les titulaires du diplôme de DEMS sont recrutés en qualité de maîtres-assistants, mais à partir 1982, comme pour le département de médecine et de pharmacie, il faut passer par le concours de maîtrise d’assistanat. A partir de l’année 1975, une jeune équipe de résidents et à leur tête un interne de la promotion 1971 érige l'Ecole Dentaire d'Oran suivie quelques années plus tard par l’ouverture de l'école dentaire de Constantine puis celle de Annaba et en 1982 par l’ouverture des annexes de Blida et de Tizi-Ouzou rattachées à l'école dentaire d'Alger.
Au cours des années 90, l’INESSM est dissous et la Faculté de Médecine avec ses 3 départements (Médecine, Pharmacie, Chirurgie dentaire) est rattachée de nouveau à l’Université d’Alger. Certaines modifications sont introduites dans le cursus des études et dans les modalités des examens et concours :
1.La durée des études de graduation revient à 7 ans en médecine, à 5 ans en chirurgie dentaire ;
2.Les études de résidanat augmentent d’une année pour la majorité des spécialités ;
3.Les concours de maîtrise d’assistanat et de docentat sont institués ;
4.Les programmes des études de graduation et de post-graduation sont réétudiés par des comités pédagogiques de spécialités (CPRS);
5.Le plein temps aménagé est réintroduit pour tous les praticiens hospitalo-universitaires dans un premier temps puis seulement pour ceux n’ayant pas de responsabilité de chef de service ou de chef d’unité.

En 2015, il existe 14 facultés de médecine en Algérie, 11 situées au nord du pays et trois dans le Sud (Bechar, Laghouat, Ouargla). Les quatre plus importantes (Alger, Oran, Annaba, Constantine) sont constituées des trois départements (médecine, pharmacie et chirurgie dentaire) et assurent le cycle gradué et post-gradué (spécialisation). Les autres facultés, plus récentes assurent la formation graduée en médecine et dans quelques spécialités médicales ainsi qu’une formation en pharmacie et en chirurgie dentaire pour les premières années de la graduation. Pour la formation post-graduée, la faculté de médecine d'Alger et à un degré moindre celle d’Oran ont une vocation nationale. L'accès aux études médicales se fait sur la base de la moyenne générale obtenue au baccalauréat (séries sciences et maths) requise par chaque département. L'étudiant effectue une préinscription en déposant une fiche de vœux après les résultats du bac en juillet. L'inscription définitive est établie à l'issue du traitement informatique de la fiche de vœux (numerus clausus). Les études médicales sont sanctionnées par la délivrance d'un diplôme d'état de docteur en médecine, obligatoire pour l'exercice de la profession. L'accès à la post-graduation en médecine (résidanat) se fait par voie de concours dans chacune des 10 facultés.
La faculté de médecine d'Alger est une unité d’enseignement et de recherche de l'université d'Alger qui est placée sous tutelle du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Elle est dirigée par un doyen qui est l'ordonnateur de la faculté. Il est nommé par décret sur proposition du ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique et après avis du recteur de l’université. Il exerce le pouvoir hiérarchique à l'égard de l'ensemble du personnel de la faculté. C'est un doyen assisté par :
1.Le Vice Doyen chargé des études et des questions liées aux étudiants
2.Le Vice Doyen chargé de la post graduation, recherche et des relations extérieures
3.Le Secrétaire général
4.Le chef du département de médecine
5.Le chef du département de pharmacie
6.Le chef du département de chirurgie dentaire
7.Le responsable de la bibliothèque de la faculté
Le corps enseignants dépasse le millier (plus de 500 professeurs et docents et près de 1200 maîtres-assistants). Près de 70 disciplines sont enseignées en post-graduation et gérées par des comités pédagogiques de spécialités. La durée de ces études varie de 4 et 5 ans.